11 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

Dilili à Paris (2018)

Mon amour pour les films de Michel Ocelot m’empêchera de dire que c’est un mauvais film, alors je vais me contenter de dire que c’était le pire, OU celui que j’ai le moins aimé.

dilili affiche

« Dilili à Paris » est un film de, ben, Michel Ocelot, que vous connaissez sans l’ombre d’un doute pour avoir réalisé « Kirikou », et un peu moins pour le film (qui-à-bercé-mon-enfance-et-je-l’aime-toujours-autant) « Azur et Asmar ». Vous pourrez y entendre la voix de Enzo Ratsito que vous avez entendu PARTOUT (Grey’s anatomy, new york unité spéciale, les experts, pour ne citer que les séries populaires, mais vous connaissez forcément sa voix), et ça m’emmerde mais je ne retrouve pas la doubleuse de Dilili parce que j’ai été trop débile pour le noter au moment du générique et internet n’aide pas. Mais c’est aussi une voix très populaire, j’en suis certaine.

 Notre histoire se passe à Paris, où nous suivons la vie de Dilili, une petite métisse Kanake découvrant la ville pour la première fois. Accompagnée par le personnage le moins bien introduit du monde, Aurel, que je vais appeler le Livreur car j’ignore comment écrire son nom (je respire le professionnalisme aujourd’hui), ce brave jeune homme l’invite à faire le tour de Paris dans son triporteur. Mais la ville grouille de criminels : les Mâles-Maitres, des malfrats qui enlèvent les petites filles et menacent l’équilibre de la cité dans sa plus Belle Époque, rôdent partout à Paris… Dilili et le livreur se font donc un devoir de retrouver les jeunes femmes disparues et percer le mystère de cette curieuse secte.

J’ai le seum d’avoir payé 5.50€. Ça parait peu, mais ça me fait mal quand même. Ce film à un problème qui saute aux yeux dès les premières minutes : il a plein de publics possibles, trop même, et n’a pas su viser le bon. Au final, il a juste tiré à coté et tout raté. C’est un film de fiction, mettant en scène des personnages historiques en très grande quantité. Il est niais à souhait, et ouvertement destiné à un public d’enfants que ce soit sur son humour ou son histoire plate, avec des résolutions simplistes à en mourir. Mais à coté de ça, il n’arrête pas d’introduire de partout au moins une vingtaine de figures historiques dans tous les sens, suffisamment introduites pour qu’on comprenne qui elles sont, mais jamais assez pour qu’un enfant ne les retienne ou ne saisisse à qui il a affaire. Le film me divise énormément sur ce point : il est très historique, très « fidèle » à ces célébrités d’une autre époque, tout en passant son temps à fricoter avec une fiction naïve… je ne vois pas qui il pointe. Un enfant ne comprend pas ces figures, et un passionné d’histoire va s’ennuyer devant le film.

Je connais les personnages cités uniquement parce que Bac L, Licence Art et option Art Plastique obligent. Mais je pense qu’en éliminant Pasteur, Effeil, Renoir, et Curie… qui connait le reste des artistes et inventeurs de Paris de la fin du 19ème présentés ici ? Les peintres ? Les cantatrices ? Peu de monde à mon avis, et encore moins les enfants. Et justement, à coté de cette fidélité, excusez mon langage mais l’histoire est à chier. Il y a une sorte de mini-parenthèse sur le racisme également, constamment effacée par le reste de l’intrigue, et aussi par le fait que de toute l’histoire, une seule personne (oui, une seule) fasse preuve de racisme direct à proprement parler. Il y a aussi un peu de sexisme bizarre… Je ne sais pas ce que le film a voulu me dire pour être sincère. Donc passons au points positifs / négatifs…

• Dans les plus :
+ La patte graphique : c’est la même que Kirikou, qu’Azur et Asmar, en un peu améliorée, et je l’aime. Elle ressemble à une bande dessinée, et offre les mêmes angles de vus et plans que l’on verrait dans un livre pour enfants illustré. Les couleurs sont claires, parfois, elles se fondent dans les mouvements, et j’aime bien. Mais quelque chose me chiffonne avec les arrières plans : je me demande si on a affaire à de vraies prises de vues ou à des décors très, très bien reproduits virtuellement. Quand nous sommes dans le Paris du 19ème, j’imagine, logiquement, que les images ont été recrées. Mais dans certains intérieurs, j’ai l’impression que ce sont des photos tout de même… je ne saurais pas le dire. Attention, ça n’est pas un mauvais point du tout, juste une remarque. Et si ce sont bien des photos, les incrustations sont très réussies.

+ Le coté théâtral : ce qui parait chez beaucoup de mes proches comme quelque chose de mal joué, j’y vois du théâtre. Ce coté exagéré, ces voix aux intonations sincères, mais qui monte dans des tons qu’on n’entendrait jamais dans un dialogue « normal » de deux personnes dans la rue. J’aime bien ce coté un peu niais, comme si tout ça n’était qu’une fantaisie, une pièce jouée. Et puis, la langue y est ma foi très soutenue et voilà une manière d’échanger très plaisante à ouïr, hon-hon, et qui s’accommode avec dextérité à cet aspect théâtral qui me sied tant.

+ La musique : et ben c’est très con et très simple mais elle était assez entrainante. C’est pas toujours qu’une musique nous fait fondre dans l’univers, donc je le mets en petit bon point.

dilili 2

Bon ben voilà pour les bons points. Maintenant je vais le dé-mon-ter :
-Les introductions de personnage : j’en ai jamais vu d’aussi mauvaises. C’est absolument à chier, pardonne-moi Michel, mais là t’as pas fait fort. Déjà, le film a voulu en faire TROP, beaucoup trop, et ça se voit qu’il n’a tout simplement pas eu le temps d’introduire tout le monde. Les figures emblématiques de l’Histoire avec un grand « H » sont toutes présentées à l’arrache, et le film part du principe que tu les connais déjà. Sauf que le petit être de 7~8 ans à coté de moi, il arrêtait pas de demander à sa mère « ptdr c ki ». Quand les personnages disent « J’ai besoin de me faire soigner, go chez Pasteur » ça semble pas LOGIQUE à tout le public. Quant aux personnages de l’histoire avec un petit « h »…
Tiens, parlons-en du livreur et son triporteur là : pire introduction jamais vu. C’est maladroit, c’est moche, et ça n’a pas de sens. Je vais vous spoil les 5 premières minutes, allègrement : il voit Dilili dans un zoo humain, lui dit qu’il veut être son ami, et ils se voient et deviennent amis. Genre voilà. C’est fait. Y’a pas de logique à POURQUOI il voulait absolument être ami avec elle. En parlant de lui, je suis curieuse de savoir comment il fait pour être pote avec toutes les célébrités de Paris (et très bon ami apparemment puisqu’il s’invite gratuitement chez tout le monde)… Pour conclure avec les personnages, en plus d’être appelés à la barre dans le chaos, ils n’ont, la plupart du temps, pas de raison d’être introduits. Leur absence ne changerait rien du tout à l’histoire. La présence du futur roi d’Angleterre n’apporte rien, le gars est juste là. Voilà. Son apparition est équivalente à un coucou timide de la main dans un plan décentré, avent qu’il ne s’éclipse hors-champ. A l’inverse (léger spoil désolé mais ça va rien vous changer au film), on parle du personnage de la « Comtesse », celle qui a ramené Dilili à Paris.
On ne voit jamais un petit bout de sa tête. Ja-mais. Elle ne parle pas, n’est pas introduite comme autre chose qu’une meuf pété de thunes, chez qui vit Dilili. Mais pourquoi ? Pourquoi le prince rosbif (pardon.) et pas la putain de comtesse qui a quand même, à cette époque, ramenée chez elle et s’est occupée d’une petite fille Kanake clandestine ? J’aurais aimé la voir, ça a l’air d’être un personnage curieux et sympa ! Visiblement, elle lui offre une vie de luxe à la petite, alors pourquoi Dilili n’en parle jamais ? Pourquoi elle ne la voit pas comme une figure maternelle (cette figure reviendra à un autre personnage), ne vivent-elles pas ensembles ? Ça me semblait tellement important qu’on l’introduise que je commence à me demander si ce n’est pas simplement moi qui n’a pas écouté ou regardé une scène précise. J’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose, et si ça ne vient pas de moi, alors c’est le film qui a manqué quelque chose.

-ÇA S’ARRÊTE JAMAIS : les 30 premières minutes mais WOW tout pars d’un seul coup dans tous les sens ! Blblbllbbl Mâles-Maîtres blblblblbl enquête blblblbl réponse blbllblblblb filles de Marie Curie blblblblbl prendre en filature blblblblbl on a trouvé leur repaire blblblblbl– MAIS STOP. Le film ne va simplement pas freiner pendant les trente premières minutes, et ne commencer à ralentir qu’après. Et c’est beaucoup plus désagréable que ça en a l’air. Ajoutez à cela des figures historiques qui sortent de partout et nulle part, on a l’impression que l’oeuvre est pressée de se terminer.

-Scénario, où es tu ? : le scénario est juste mauvais. C’est 50% de « quelle coïncidence » et 50% de « les rumeurs disent que » et 100% du temps, les rumeurs et les coïncidences mènent directement à la réponse. Elles ne se trompent juste jamais. Les réponses sont tout simplement aberrantes de simplicité, sans laisser au spectateur l’imagination de se dire « oh je pense que c’est lui / que ça va se passer comme ça », parce que TOUT arrive sur le tas. Et la secte des Mâles-Maitres MON CUL OUAIS ils sont 2 actifs dans l’histoire, le reste n’est jamais montré. Tu peux pas DEVINER qui est le méchant, tu peux pas DEVINER qui est leur boss, tu peux pas DEVINER le but de l’enlèvement des petites filles, y’a pas d’indice ou de foreshadowing. T’es obligé d’attendre que le film te serve tout ça à coup de rumeurs et de « oh tiens Renoir a entendu dire qu’il y avait quelque chose caché là-bas ». En fait, c’est un scénario de fainéant.

-Le contemplatif : On a compris qu’on était à Paris. Mais pendant les dialogues, on a pas besoin de visiter tous les arrondissements. C’est sûr, ça fait du remplissage visuel et ça remplace le champ-contrechamp répétitif pendant un échange, en plus ça serait dommage de pas montrer la ville dans laquelle on se trouve ! Mais on voit que ça, des plans de ville, de rue, de bâtiments, c’est gris, c’est pauvre, c’est pas très vivant (ou alors ça l’est beaucoup trop sans raison). En fait, l’aspect « découverte » de Paris de cette époque devient simplement lassant. On se lasse du décor répétitif. Et pourtant, à coté de ça, on a des endroits très flous passés un peu vite, surtout les endroits fictifs, que j’ai eu beaucoup de mal à situé par rapport à la cité justement. Je ne peux pas trop en dire sans spoil, malheureusement.

-Message final (SPOIL) : bon du coup, le film nous dit quoi ? Il essaie de nous faire comprendre le mal que cause le racisme ? Et le sexisme ? Il veut nous faire découvrir le passé ? On pourrait se dire qu’il veut juste « raconter une histoire » mais il t’explose tellement d’enjeux au visage qu’on sait plus trop sur lequel se reposer. Le racisme est très mal traité étant donné qu’il n’est presque jamais présent (tout le monde trouve Dilili jolie, et comme dit plus tôt, il n’y a qu’un seul personnage qui n’aime pas sa couleur de peau ET ENCORE il devient gentil à la fin en fait), ça s’arrête à quelques échanges courts de connards (pardon.) qui viennent dire « Toi y’en a parler ma langue ». Le sexisme est un peu abusé à travers la Secte des Mâles-Maitres, l’idée me semble un peu… capillotractée. Malgré quelques recherches, je ne retrouve pas le nom de cette écrivaine assez connue, mais elle explique dans le film que « son mari signait ses livres à sa place », ce qui énerve Dilili. Ça c’est un sexisme bien abordé, un sexisme réel et révoltant. Même si ce que font les mâles-maitres est un magnifique cas de « ça pourrait arriver », le fait que ça se passe dans le passé me ruine un peu le charme de ce puissant machisme ambulant. En fait, je crois que c’est ça : la fiction ruine le réalisme, et inversement. C’est ce qui a dû me gêner dans le film, je m’en rend compte maintenant.

dilili_photo4

En conclusion, même si je ne me suis pas ennuyée devant le film, je n’ai aucune idée de quoi en penser. Enfin, si, j’en pense du mal, mais un mauvais film ne veut pas dire un film chiant pour autant. Simplement, je sais que je ne le regarderais pas une deuxième fois dans ma vie, ou pas avant une dizaine d’années au moins. Si je devais le noter, ça me ferait très mal, mais je lui mettrais un 8/20. Ouch.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

school grade calculator |
calculate grade needed |
calculate your overall grade |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Grade Average Calculator
| Ireplisitia
| Pensiunea Rustic Maramures,...